Bartok et cras

L’émoi du mélomane

 

Programme éclectique qui mérite d’être préparé, difficile à apprécier comme cela d’emblée aux vue du grand nombre de pièces. Il est un fait que certains mélomanes parcourent toute la palette des couleurs, des sonorités et des origines différentes, ce qui peut-être agréable pour certains et dérangeant pour d’autres. On pourrait comparer cela à des amuse-bouche ou un échantillonnage  qui laisse l’auditeur dans la curiosité de connaitre toute l’œuvre en le laissant sur sa faim.

 

 

BARTOK

 

Quatrième Quatuor à cordes

 

Ecrit entres Juillet et Septembre 1928, il sera créé en 1929 à Berlin. C’est une œuvre symétrique, bien qu’en cinq mouvements, elle s’articule sur le troisième mouvement lent.. C’est aussi une œuvre « palindrome », qui se lit dans les deux sens, en effet à l’écoute on se rend compte que le premier et le dernier mouvement peuvent être inversés sans que cela modifie profondément l’œuvre.

 

C’est une œuvre difficile au premier abord par les « traits » très appuyés des violons du premier mouvement, par la technique des pizzicati très particuliers de l’auteur, cordes pincées très fort qui claquent sur la touche du violon et qui leur donnent une sonorité particulière, aussi pour l’utilisation de la sourdine qui offre à l’oreille un ouaté indéfinissable.

 

- C’est une œuvre  que je qualifie de « Cauchemar » que j’intitule « Le royaume des morts vivants »

 

1er Mouvement : très expressionniste, songe agressif.

 

2ème  Mouvement : Sommeil profond rempli des mauvais songes, d’animaux fantastiques et fantasmagoriques, piquants, que l’on ne peut voir qu’avec une loupe, les yeux agrandis aux regards limpides, des pattes qui grouillent et grattent.

 

 

3ème Mouvement : Cauchemar à demi-éveillé, visions faussées. Le violoncelle représente l’homme qui vit, frémit et hurle dans le silence dans ce silence poisseux en se débattant, quelques traits peu rassurants du premier violon relayé par le second, dialogue violon, violoncelle comme pour chercher un chemin pour sortir de ce supplice. Cris étouffés du 1er violon comme dans une demeure exigüe et angoissante.

 

4ème Mouvement : Danse des suaires

 

5ème Mouvement : Ce sont les démons qui gagnent dans une danse folle et spectrale.

 

C’est une musique à la limite de l’atonalité, révolutionnaire, nouvelle, qui ne suit pas les maitres en la matière Schoenberg ou plus tard Stravinsky mais en avance sur Ligeti  ou Messiaen.

 

 

Suite OP14

 

Joué en public en Avril 1919

En 3 mouvements avec une conclusion lente

 

N°1 – Sur un thème imaginaire d’inspiration roumaine

N°2 – C’est un scherzo. Bartók y emploie 10 sons, reste tonal, mais cela fait penser au dodécaphonisme (12 sons) prôné par la nouvelle école de Vienne avec Schoenberg comme tête de file.

N°3 – Issu du répertoire arabe. Il ne faut pas oublier que Bartók a beaucoup voyagé en emmenant un enregistreur sur rouleaux de cire et qu’il captait certaines mélodies pour les archiver et les utiliser plus tard.

 

C’est une sorte de carnet de voyages dont les airs ont été harmonisés.

 

Allegro Barbaro

 

Créé le 1er Février 1913 par Bartók lui-même. C’est une Toccata (musique rapide et très virtuose qui demande une très grande agilité des doigts), basée sur la gamme pentatonique (5 sons), en gros les touches noires du piano.

 

Le titre n’apparait pas sur la partition autographe, mais dans un journal de 1913, où Kodaly évoque un clin d’œil qui au Festival hongrois de Paris de 1910 avait parlé de « Jeunes barbares hongrois »

 

Il est d’influence folklorique roumaine, hongroise et slovaque.

 

A l’Université de Columbia, un élève relate : « La dernière pièce que nous connaissions était une étude terriblement difficile intitulée Allegro Barbaro et Bartók dit qu’il aimerait la jouer. Nous nous sommes tous regardés persuadés que nous allions vivre un moment d’exception…. Bartók se dirigea à grands pas vers le piano, sans partition bien sûr, hésita quelques secondes et lança, sur le Steinway de la salle de cours, un assaut qu’aucun de nous ne pourrait oublier. Ses mains volaient sur le clavier tandis que les rythmes pesants et les accords accentués faisaient trembler le sol. Alors que la pièce touchait à sa fin, Bartók baissa la tête, la tourna sur le côté, son oreille droite touchant presque les touches, et martela le dernier déluge de sons. Lorsque le dernier accord s’éteignit, il y eut un moment de silence, puis un tohu-bohu éclata, nous nous levâmes dans un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations. »

 

Il est noté qu’à la blanche le tempo est à 76/84, alors que l’enregistrement de l’auteur à la même époque était à 100.

 

Il y a eu un arrangement hard-rock ou rock alternatif par Emerson Lake and Palmer en 1970 avec le titre « The Barbarian »

 

Ce groupe a aussi fait un arrangement du 1er mouvement de la Sinfonnieta de Janacek.  

 

 

 

 

Mikrokosmos

 

Ensemble de pièces pédagogiques pour le piano, dont la composition s’étale sur 7 ans. Débuté en 1926 pour piano seul à l’exception des 2 derniers « rondo » de 1927 de la « petite suite » de 1936. Commencé en 1932 jusqu’en Novembre 1939, c’est pour l’éducation musicale de son fils Peter qu’il écrit ces pièces,  il y en aura 153, dont la plus longue n’excède pas 3 minutes, elles sont réparties en 2 cahiers, mais publié en 1940, Bartók 0acceptera de constituer 6 volumes dont les 4 premiers servent d’exercices techniques.

On pourrait les comparer à l’égal des « petits livres pour clavier » composés par Bach pour son fils Wilhelm Friedmann et Anna Magdalena ou de l’album « Pour la jeunesse » de Schumann

Les cahiers parcourent les difficultés pianistiques mais aussi l’essentiel de la « grammaire musicale », tonalité, modalité, harmonie, rythme, sonorités, contrepoint, l’utilité de la pédale la variété du jeu du plus percussif au plus suave. Le compositeur a prévu quelques morceaux à 4 mains ou pour le chant. Le folklore d’Europe centrale apparait même si ici il est inventé.

 

 

JEAN CRAS

 

Né le 22 Mars 1878, décédé le 14 Septembre 1938. Contre-amiral en 1931 et Major du port de Brest. Il est l’inventeur de la règle de Cras qui sert à faire le point en mer sur une carte.

 

Il est dans sa musique un symbolisme suggestif et ce grâce à ses voyages. Il fait partie de ses musiciens postromantiques dans la lignée de la Schola Cantorum avec comme chef de file D’Indy, de Chausson, Duparc, mais dans la luminosité et l’impressionnisme de Debussy. En peinture on peut le comparer à Gustave Moreau ou Arnold Böcklin.

 

On lui doit de nombreuses œuvres inspirées par son état de marin et de croyant convaincu :

 

            Journal de Bord :

                        Quart de huit à minuit : Haute et large, ciel couvert se dégageant au coucher du soleil.

                        Quart de minuit à quatre : Très beau temps, mer très belle, rien de particulier, clair de lune.

                        Quart de quatre à huit : La terre en vue, droit devant.

 

            Polyphème :

                        Opéra inspiré par l’Odyssée, mais modifiant la

 

mythologie, en effet  dans le texte d’origine le cyclope fait rouler un rocher sur Galatée, alors que dans l’opéra Polyphème se jette à la mer.

                       

 

Il a écrit deux quintettes :

- Quintette avec harpe et quatuor à cordes

 

- Quintette avec piano et quatuor à cordes

 

           

 

Voyage :

 

1er Mouvement

 

                        C’est l’embarquement. Les gens se croisent, se précipitent, ils sont sur le quai à se bousculer au milieu des marins, des chariots de marchandises, des grues de chargement. C’est une foule bigarrée.

 

Mer belle, les gens montent à bord. Les marins courent sur le pont. Les ordres fusent à coups de voix ou de sifflet. Tout est prêt pour l’appareillage. Les couleurs sont envoyées dans le son d’un clairon nasillard. Les moteurs ronflent. Le croiseur est sur le départ.

 

Quelques encablures et tout parait redevenir tranquille sur le pont et dans les coursives. Certains se prennent à rêver, seuls le ronronnement de machines, et le bruit du sillage dans l’eau fendue par l’étrave.

 

Le voyage s’élance vers une destination connue par le commandant dans sa passerelle. Quelques échanges feutrés par les matelots qui se croisent en frôlant le bord des iles en sortie de rade.

 

Les rêves, ils en ont plein la tête, les terres lointaines et leurs senteurs, exotiques, colorées, parfumées, les escales joyeuses de filles et de beuveries. Pour l’instant, seul l’horizon montre ses limites.

 

Les tempêtes et le gros temps sont peut-être à venir. Pour l’instant tout es calme dans le roulis

du destroyer.

 

La terre s’éloigne à vue.

 

Les autres mouvements nous font voyager du Moyen-Orient, Ceylan, l’Indonésie, Java jusqu’en Chine et au Japon. Certaines phrases musicales nous font percevoir par leurs sonorités et l’imitation des instruments, tels que les sonnailles, les gamelans, ensemble d’instruments à percussions : gongs, cymbales, métallophones de différents types xylophones tambours de divers types auxquels peuvent s'ajouter des instruments à cordes, soit frottées comme une vièle à pique, soit pincées comme une sorte de cithare, et à vent comme la flûte. Notre imaginaire fait le reste 

 

 

 

 

MEL BONIS

 

Le père de Mélanie Bonis est employé comme contremaître en horlogerie et sa mère, passementière, s'occupe surtout du foyer situé dans un petit appartement du numéro 24 de la rue Rambuteau, dans le 4e arrondissement de Paris.

Elle reçoit une éducation religieuse stricte et ressent, très vite, une grande piété et une grande foi qu'elle conserve toute sa vie. Aussi affronte-t-elle avec courage et détermination les préjugés hostiles pour la vie d'artiste et les mœurs légères que l'on prête aux femmes qui se destinent à une telle carrière.

Dès son plus jeune âge, Mélanie joue, toute seule, sur le vieux piano de ses parents.

Promise au métier de couturière, elle échappe, momentanément, à cette destinée grâce à Jacques Maury, un ami des parents, cornettiste, professeur au Conservatoire de Paris. Celui-ci Qla présente à César Franck qui s'intéresse à elle et la fait admettre fin 1876 au Conservatoire comme élève d'harmonie et accompagnement au piano. elle est la condisciple de Claude Debussy. C'est en 1879 qu'elle fait la connaissance d'Amédée Louis Hettich (1856-1937) élève chanteur de la classe de Massenet mais aussi poète. Ses parents organisent pour Mélanie un mariage de convenance : à l'âge de 25 ans, elle épouse Albert Domange, un riche entrepreneur âgé de 47 ans, est, lui-même, deux fois veuf et père de cinq enfants. De cette union naissent trois enfants : Pierre, Jeanne et Edouard. Mel Bonis compose plus que jamais dans les années 1900, sublimant ainsi sa douleur, la transformant en création. Elle est enterrée à Paris, au cimetière de Montmartre passementière, s'occupe surtout du foyer situé dans un petit appartement du numéro 24 de la rue Rambuteau, dans le 4e arrondissement de Paris.

Mel Bonis laisse une œuvre importante d'environ trois cents pièces, dont cent-cinquante pour piano et vingt-deux de musique de chambre. L'essentiel est composé entre 1892 et 1914.

Sa musique, de style postromantique, est bien inscrite dans son époque.

 

 

CHARLES KOECHLIN

 

 

Charles Kœchlin appartient à une vieille famille alsacienne À la mort de César Franck, il devient l'élève de Gabriel Fauré. Doué d'une belle voix de baryton, il chante dans des chœurs et c'est par des œuvres vocales qu'il commence sa carrière de compositeur, sur des poèmes de Théodore de Banville et de Leconte de Lisle.  Il épouse Suzanne Pierrard (1881-1965) le 24 avril 1903. De leur union naissent cinq enfants, Sa maîtrise de l'écriture pour orchestre est très vite reconnue par son maître Gabriel Fauré qui lui confie l'orchestration de sa musique de scène de Pelléas et Mélisande d'après Maeterlinck, Elle se reflète également dans les nombreux cycles de mélodies avec orchestre qu'il compose entre 1890 et 1902, dont Poèmes d'automne (op. 13 bis) et Trois mélodies. Avec Maurice Ravel et Florent Schmitt, il fonde en 1909 la Société musicale indépendante dans le but de promouvoir la musique contemporaine.

 

Quatre petites pièces pour violon et cor

 

Ce n’est pas une musique révolutionnaire

1-     La première pièce débute comme la mélodie « D’un été 42 » de Michel Legrand

2-     Très élégiaque, promenade en forêt de deux amoureux. C’est l’été sous les frondaisons.

 

Reynaldo Hahn

 

Reynaldo Hahn, né à Caracas le 9 août 18741 et mort à Paris le 28 janvier 1947, est un compositeur, chef d'orchestre, chanteur et critique musical français d'origine vénézuélienne

 

Montrant des dispositions pour la musique, Reynaldo Hahn entre au Conservatoire de Paris en octobre 1885 et devient l'élève d'Albert Lavignac et de Jules Massenet pour la composition. Dans les salons parisiens les plus huppés (chez la princesse Mathilde, la comtesse de Guerne, Madeleine Lemaire), Reynaldo Hahn chante ses mélodies en s'accompagnant au piano. Il s'illustrera brillamment dans ce genre musical durant la première partie de sa vie. Il fait la connaissance de Marcel Proust dont il devient l'amant, jusqu'en 1896. Il entretiendra cette amitié jusqu'à la mort de l'écrivain dont il sera l'un des rares proches à pouvoir se rendre chez lui sans devoir se faire annoncer. Il compose la musique de scène. Ayant été naturalisé français en 1912, lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale en 1914, il est envoyé à sa demande au front jusqu'en 1916, pour ensuite travailler au ministère de la Guerre.

 

En 1920, Reynaldo Hahn devient professeur de chant à l'École normale de musique de Paris (fondée en 1919 par Alfred Cortot et Auguste Mangeot). Il y côtoie Pablo Casals, Jacques Thibaud, Nadia Boulanger. Dans cette période de l'Entre-deux-guerres, il compose ses opérettes les plus célèbres (Ciboulette, 7 avril 1923) la musique de chambre, avec un bouleversant Quintette avec piano (1921), la sonate pour violon & piano (1927) et deux Quatuors à cordes (1939). En février 1931, il donne un Concerto pour piano avec la pianiste Magda Tagliaferro puis un Concerto pour violon, un Concerto provençal, Inquiété pour ses origines juives, il doit quitter Paris en 1940 pour Cannes puis Monte-Carlo. En 1945, de retour à Paris, il est élu membre de l'Académie des beaux-arts Atteint d'une tumeur au cerveau, il meurt à Paris le 28 janvier 1947.

 

 

Edward Elgar

 

 Sir Edward Elgar (né à Lower Broadheath, près de Worcester, le 2 juin 1857 – mort à Worcester le 23 février 1934). 1er baronnet Elgar de Broadheath, est un compositeur et chef d'orchestre britannique dont les œuvres sont entrées dans le répertoire classique international. Les Variations Enigma, les marches Pomp and Circumstance, son concerto pour violon, son concerto pour violoncelle et deux symphonies font partie des pièces les plus connues de son répertoire. il devient populaire au Royaume-Uni et à l'étranger pour ses Variations Enigma (1899). Son œuvre suivante The Dream of Gerontius (1900), un oratorio fondé sur un texte catholique, cause quelques inquiétudes dans les milieux anglicans mais devient malgré tout une pièce maîtresse du répertoire britannique. Ses autres œuvres chorales religieuses n'atteignent pas le succès du Dream of Gerontius. Dans sa cinquantaine, Elgar compose une symphonie et un concerto pour violon qui rencontrent un grand succès. En revanche, sa seconde symphonie et son concerto pour violoncelle attendent plusieurs années avant d'être reconnus. Elgar méprise la musique folk et éprouve peu d'intérêt ou de respect pour les premiers compositeurs anglais, il appelle William Byrd et ses contemporains des « pièces de musée ». Concernant les compositeurs anglais suivants, il pense qu'Henry Purcell est le plus grand d'entre eux et il affirme qu'il a beaucoup appris techniquement en étudiant les écrits d'Hubert Parry. Les compositeurs continentaux qui ont le plus influencé Elgar sont Händel, Dvořák et, à un certain degré, Brahms. L'influence de Wagner est visible dans son chromatisme mais le style individuel d'orchestration d'Elgar tient plus de la clarté des compositeurs français du XIXe siècle, Berlioz, Massenet, Saint-Saëns et particulièrement Delibes dont la musique a été dirigée et jouée par Elgar à Worcester et qu'il admirait énormément. Ses premières compositions d'adulte comprennent des pièces pour violon et piano, des musiques pour quintette à vent Il compose ensuite des œuvres orchestrales durant les années qui suivent dans le Worcestershire dont Sérénade pour cordes et Trois danses bavaroises. La maitrise de son premier grand succès, les variations Enigma, apparait comme une transformation soudaine de la médiocrité vers le génie, alors que les talents d'orchestration d'Elgar se sont améliorés progressivement pendant une décennie. Le concerto pour violoncelle constitue la dernière œuvre importante d'Elgar.

 

Œuvres orchestrales

 

Sérénade pour cordes, Op. 20

Variations Enigma, Op. 36

Symphonie N°1

Concerto pour violon

Symphonie no 2

Concerto pour violoncelle en mi mineur, op. 85

Symphonie no 3 (1932-1934), basée sur des esquisses du compositeur, achevée par Anthony Payne le 23 février 1994

Salut d'AmourChanson de Nuit et Chanson de Matin, violon et piano

Quatuor à cordes, Op. 83 (1918)

Quintette pour piano, Op. 84Sea pictures,

The Dream of Gerontius

 

 

Erich Wolfgang Korngold

 

Erich Wolfgang Korngold, né à Brno (Autriche-Hongrie) le 29 mai 1897 et mort à Hollywood le 29 novembre 1957, est un compositeur autrichien, naturalisé américain en 1943.

Korngold est le dernier souffle du romantisme viennois. Ses œuvres sont jouées devant la haute société alors qu'il n'a pas douze ans et la critique enthousiaste d'alors voit en lui un nouveau Mozart. Son élan s'interrompt brusquement après la réussite de son opéra Die Tote Stadt (La Ville morte) en 1920, sommet de sa carrière. Plus tard, il fuit le nazisme, mais son succès se poursuit à Hollywood, aux critères esthétiques tout différents ; il y compose une douzaine de musiques de films (Les Aventures de Robin des Bois, Capitaine Blood, Anthony Adverse…), dont le style symphonique est toujours imité. Ces partitions ont donné au musicien l'occasion de réutiliser ces matériaux pour d'autres œuvres « sérieuses », par exemple son Concerto pour violon, son œuvre la plus jouée (avec La Ville morte). Après la Seconde Guerre mondiale, un retour en Autriche ne lui ramène pas le succès (Symphonie en fa dièse majeur) : le langage musical de Korngold est resté le même, alors que les goûts ont fortement changé en Europe.

Il est présenté en 1906 à Gustav Mahler, qui s'écrie, médusé : « Un génie, un génie ! » Dans l'impossibilité de le prendre pour élève, étant lui-même prêt à partir aux États-Unis, il le recommande à Alexander von Zemlinsky, qui devient son professeur (1909–1911).

À l'âge de 12 ans, il compose un trio avec piano et un ballet en deux actes Der Schneemann [« Le bonhomme de neige »], qui est orchestré par son professeur Zemlinsky.

Jean Sibelius a dit qu'il était « un jeune aigle »Au bout de dix-huit mois, Zemlinsky se rend compte qu'il n'a plus rien à apprendre à son élève.

Les conditions du contrat avec la société de production lui laissent choisir trois films tous les deux ans et les droits sur les partitions. En douze années, il composera dix-huit musiques de film. Il sera honoré personnellement aux Oscars comme compositeur pour deux partitions : Anthony Adverse et Robin des Bois.

Composé d'opéras, d'œuvres symphoniques, de lieder, de musique de chambre, son catalogue est surtout connu aujourd'hui, outre son opéra La Ville morte (1920) et son Concerto pour violon, pour ses musiques de films avec Errol Flynn : Les Aventures de Robin des Bois, La Vie privée d'Élisabeth d'Angleterre ou L'Aigle des mers.

Korngold a laissé 42 œuvres avec opus et de nombreuses sans opus.

 

Zoltán Kodály

 

Zoltán Kodály né le 16 décembre 1882 à Kecskemét dans l'Empire austro-hongrois et mort le 6 mars 1967 à Budapest en Hongrie, est un compositeur, ethnomusicologue et pédagogue en musique. Il a notamment donné son nom à une méthode d'enseignement de la musique, codifiée par des disciples de sa pensée pédagogique nommée plus tard la méthode Kodály

À l'âge de 16 ans,Il entre alors à l'Université de Budapest Il y rencontre Béla Bartók, qui restera son plus fidèle ami jusqu'à sa mort en 1945. Avec Bartók, il va recueillir (sur des rouleaux de cire), mettre en forme et publier une quantité considérable de chants traditionnels nationaux. Sa thèse de doctorat en ethnomusicologie achevée en 1906 (Structure strophique dans le chant traditionnel hongrois) montre bien l'intérêt de plus en plus grand qu'il porte à la musique traditionnelle.

La collaboration riche entre les deux compositeurs hongrois nourrira de nombreuses critiques à l'égard de Kodály qui sera entre autres suspecté de plagiat des travaux de Bartók. Ce dernier le niera vigoureusement et défendra Kodály, comme en 1921 en écrivant :

«Depuis quelque temps certains cercles musicaux n'ont d'autre but que de me monter contre Zoltán Kodály. Ils voudraient faire croire que l'amitié qui nous unit est utilisée par Kodály pour son propre compte. C'est un mensonge des plus stupides. Kodály est un des compositeurs majeurs de notre temps. Son art, comme le mien, possède des racines doubles : il a jailli du sol paysan hongrois et de la musique française moderne [Debussy]. Mais quoique notre art ait puisé sa source dans ce sol commun, nos œuvres ont été entièrement différentes dès le premier jour... Il est possible que la musique de Kodály soit moins agressive [que la mienne], il est possible que sa forme soit plus proche de certaines traditions, il est également possible qu'elle exprime calme et méditation plutôt que des 'orgies débridées'. Mais c'est précisément cette différence essentielle qui, trouvant à s'exprimer dans sa musique en une manière de penser complètement nouvelle et originale, rend son message si précieux...»1

 

Kodály composera également de la musique de chambre (Quatuors à cordes, Sonates pour violoncelle, etc.), et des œuvres symphoniques remarquables (Háry János, Soir d'été, etc.). Kodály a créé une œuvre chorale très importante. Il utilise notamment des chansons, des contes, des ballades et des mélodies populaires. Celles-ci reprennent des scènes de vie paysanne, des thèmes bibliques ou héroïques avec l'accent magyar. Il développera de nombreuses méthodes d'enseignement de la musique, dont on parle encore aujourd'hui sous le terme de méthode Kodály, initiant les jeunes enfants au chant et à la tradition chorale. Kodály restera sans doute comme le créateur de l'art choral du XXe siècle.

 

 

György Ligeti

 

György Ligeti est un compositeur de citoyenneté hongroise, naturalisé autrichien, né en Roumanie à Diciosânmartin/ (aujourd’hui Târnăveni) le 28 mai 1923 et mort le 12 juin 2006 à Vienne. Le jeune Ligeti dut interrompre ses études en 1943, à la suite des mesures antisémites. Toute sa famille disparait en déportation (sauf sa mère). Après la Seconde Guerre mondiale, il part étudier la musique et la composition à l’Académie Franz Liszt à Budapest, avant de se réfugier à Vienne où il obtient la nationalité autrichienne en 1967. L’œuvre de Ligeti est des plus diverses, puisqu’elle va de la pièce pour piano seul à l’opéra, en passant par la musique de chambre, l’orchestre, la musique électronique et des formations plus anecdotiques (Poème symphonique pour 100 métronomes), sans oublier l’orgue et le clavecin qui apparaissent assez peu dans la musique contemporaine. Le réalisateur Stanley Kubrick utilisa plusieurs fois la musique de György Ligeti dans ses films, en particulier Atmosphères, Requiem, et Lux Æterna dans « 2001, l'Odyssée de l'espace » (« le monolithe noir ») et Musica Ricercata dans « Eyes Wide Shut » Kubrick a également utilisé Lontano de Ligeti dans The Shining

 

Ernő Dohnányi

 

Ernő Dohnányi (Ernst von Dohnányi en allemand) est un compositeur, chef d'orchestre et pianiste hongrois, né le 27 juillet 1877 à Bratislava (alors appelée Pozsony) et mort le 9 février 1960 à New York. Il est le père de Hans von Dohnányi et le grand-père de Klaus et Christoph von Dohnányi.

« Vous pouvez résumer la musique hongroise en une seule personne, Dohnányi. »

— Béla Bartók

Ernő découvre la musique avec son père avant d'entrer à la Liszt Ferenc Zeneakacadémia de Budapest. Il fait la connaissance de Béla Bartók, élève lui aussi. Dohnányi compose pendant ses années d'études un Quintette pour piano en ut mineur qui est largement diffusé à Vienne grâce au soutien de Johannes Brahms. Dohnányi fait ses débuts à Berlin en 1897 en tant que pianiste et rencontre un grand succès. Fêté comme le successeur de Franz Liszt, il se produit à travers toute l'Europe, notamment au Queen's Hall de Londres. Également chef d'orchestre, il défend les œuvres de ses contemporains, tel Béla Bartók. Il se rend aux États-Unis en tant que concertiste ou pour jouer de la musique de chambre. En 1919, il devient directeur musical de l'orchestre philharmonique de Budapest où il joue aussi bien Bartók que Zoltán Kodály sans défendre sa propre musique. .Après la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle il a perdu ses deux fils, opposés comme lui aux nazis, Dohnányi se rend aux États-Unis. Il subit une campagne de dénigrement de la part du nouveau gouvernement hongrois, désormais communiste. À l'instar de Béla Bartók et Zoltán Kodály, Dohnanyi s'est inspiré du folklore hongrois, mais il est surtout redevable de l'influence de Johannes Brahms. Il a laissé en tout 48 numéros d'opus.

 

György Kurtág

 

György Kurtág (né le 19 février 1926 à Lugoj dans la minorité hongroise de la Roumanie d'alors) est un compositeur hongrois. C'est à Budapest, dès la fin de la guerre, qu'il fait ses études musicales, dans un conservatoire profondément marqué par la figure de son grand compatriote Béla Bartók, alors en exil aux États-Unis (où il meurt en 1945. ). Il fait la connaissance d'un autre jeune compositeur, György Ligeti. Le moment fondateur de son œuvre sera la bourse d'études qui lui est accordée en 1957/1958 : il passe un an à Paris, où il composa la première œuvre écrite à son retour à Budapest est le Quatuor à cordes op. 1Kurtág passe l'essentiel des décennies suivantes à Budapest,à l'Académie de musique Franz-Liszt : il y enseigne le piano et la musique de chambre, et non la composition. Le moment décisif pour Kurtág ne viendra qu'en 1981 : les Messages de feu Demoiselle Troussova, envoyés au comité de lecture de l'Ensemble intercontemporain, attirent l'attention de Pierre Boulez, stupéfait de découvrir cette musique magnifique d'un compositeur de sa génération dont il ne connaissait pas encore le nom. Il décide d'en programmer la création, qui est un triomphe. Depuis lors, Kurtág devient un compositeur de renom international. ,György Kurtág et sa femme Marta vivent actuellement dans la région de Bordeaux. Formé au Conservatoire de Budapest dans l'ombre de Bártok, alors émigré aux États-Unis, Kurtág a toujours reconnu l'influence considérable de ce dernier : un goût prononcé pour les mélodies populaires hongroises et roumaines en même temps que le goût pour un son très présent sont sans doute les deux éléments les plus visibles de cette influence, même si le traitement du matériau folklorique est très différent

 

George Onslow

 

André George Louis Onslow (prononcer onzlo) est un compositeur français, né à Clermont-Ferrand le 27 juillet 17841 et décédé dans cette même ville le 3 octobre 1853. George Onslow est une figure singulière de l'histoire de la musique : très largement et unanimement reconnu de son vivant, il est aujourd'hui pour ainsi dire oublié, et son œuvre, essentiellement consacrée à la musique de chambre pour cordes, est quasi absente du répertoire depuis plus d'un siècle en édition moderne. Entre 1798 et 1806, il étudie le piano auprès de plusieurs maîtres,Il entame alors une brillante carrière qui fait de lui rapidement un compositeur incontournable de la vie musicale de la première. Surnommé le Beethoven français, il est le seul, du moins en France, à se consacrer à la musique de chambre : avec 36 quatuors et 34 quintettes, Dans sa musique instrumentale et orchestrale, il préfigure le romantisme par la richesse de son harmonie,